Ciné-Série : Le blog d'un passionné!

Bienvenu sur ce blog d'un passionné du cinéma et de série-tv! Je vais vous faire partager cette passion à travers des critiques, des dossiers, etc. Bonne lecture!

31 janvier 2009

Critique : "Les Noces Rebelles" de Sam Mendes

Le réalisateur britannique Sam Mendes, « Jarhead » et « American Beauty », filme le naufrage d’un amour qui se voulait idéal. Avec le couple vedette de « Titanic », Kate Winslet et Leonardo DiCaprio : remarquables.

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LES NOCES REBELLES de Sam Mendes

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eur rencontre est filmée en une scène. Une scène de bonheur, d’amour naissant entre cet homme et cette femme, qui voit en lui non l’amour de sa vie, mais le possible amour de sa vie. Elle aime en lui non ce qu’il est, mais ce qu’il pourrait devenir. Un coup de foudre au conditionnel en quelque sorte. Suite à cette seule scène de bonheur, c’est la crise. Le couple se brise, lentement. Après cette rencontre on retrouve le couple des années après, installés, mariés et avec deux enfants. Un petit couple de banlieusards américain des fifties tout à fait banal. Elle est femme au foyer, et lui travail dans une entreprise sans personnalité, où il s’emmerde avec force. Le couple ne vit pas le destin exceptionnel auquel ils croyaient pouvoir accéder. April s'imaginait vivre une existence à part, d'intellectuelle ou d'artiste, on ne sait pas trop, et elle non plus! C'est ce qui est passionnant dans ce film, c'est qu'elle s'imagine pouvoir connaître une vie exceptionnelle, où elle pourrait s'épanouir, mais sans savoir comment l'obtenir. Elle rêve bien de devenir actrice, mais elle n'a pas le talent pour en devenir une grande. Elle le sait, l'a deviné il y a bien longtemps. Et, dans cette société où la femme n'a pas droit à beaucoup de considérations, pas facile pour elle d'arriver là où elle veut. C'est à travers son mari qu'elle s'imagine pouvoir vivre cette "existence exceptionnelle"...

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Le film de Mendes mêle subtilement (qu'il doit plus au livre de Richard Yates "La Fenêtre Panoramique", qu'à son talent de cinéaste, malheureusement!) un sujet large, social, à un côté plus intimiste. Le film se passe en grande majorité dans leur maison, avec April et Franck face à face, seuls. Les enfants ne sont vus que très peu. On nous met vraiment au cœur de ce couple pour vivre de l'intérieur son délitement. Et c'est là que le film connait son gros défaut : la mise en scène de Sam Mendes! Dit comme-ça on peut se dire "Putain, si la mise en scène de Mendes est foiré, le film aussi alors!". Mais non. En effet, il réalise une belle mise en scène classique, accompagnée d'une magnifique musique de Thomas Newman, et une très belle lumière de Roger Deakins (le directeur photo des Coen's Brothers). Cependant, il manque à sa mise en scène un côté plus intimiste, plus charnel, qu'il soit plus près des corps de ses personnages, qu'il prenne des risques quoi! Au final, il parvient à réaliser une belle mise en scène classique, mais non du grand classicisme à la Coppola pour "Le Parrain". Ce souci empêche le film d'atteindre des sommets, notamment Bergmaniens ("Scènes de la vie conjugale" en tête). Son film reste tout de même remarquable, grâce à la performance exceptionnelle de ses deux comédiens...

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On a entendu quelques critiques dire que Kate Winslet était meilleure que Leonardo DiCaprio. Conneries! Ou, en tout cas, s'ils le pensent vraiment, ne peuvent apprécier le film. Pour que ça fonctionne il faut une alchimie entre les deux interprètes, qu'ils se répondent, face jeu égal en quelque sorte. C'est le cas, et c'est magnifique, bouleversant à regarder. Kate Winslet est une immense actrice (Elle a remporté le Golden Globe de la meilleure actrice ET de la meilleure actrice dans un second rôle lors de la dernière édition! Faut le faire, et c'est la grande favorite aux oscars, où elle est nominée pour la cinquième fois.). Ce ne sont que des prix, mais sa performance ici est sublime. Elle incarne avec force et faiblesse cette femme qui perd ses illusions, qui tente tant bien que mal - plus mal que bien d'ailleurs - à se réaliser, à s'accomplir à travers son mari, car bloquée par les mœurs de la société d'alors, et son statut de femme. Scène magnifique où elle prend son mari dans ses bras, le regarde à la fois désespérée et pleine d'espoir, en lui disant qu'il a la meilleure qualité du monde : c'est un homme. Face à elle, Leonardo DiCaprio, qui nous a prouvé grâce à Scorsese que c'est un grand acteur, intense, électrique, brillant! Il arrive ici à monter en intensité de façon impressionnante. Franck aime sa femme pour ce qu'elle est, et DiCaprio nous le montre sublimement et subtilement. Lorsque le couple éclate de façon intense, et même violente, lors de disputes fortes, DiCaprio explose littéralement l'écran. On est soufflé. Car il ne se met pas qu'à gueuler et à gesticuler, à cogner dans les murs, il nous fait ressentir tout le désarroi de cette homme qui ne sait pas que répondre à sa femme, il ne peut rien faire : il n'est pas cet homme exceptionnel. La tristesse, le désarroi, violent et tendre à la fois est vécu par ces deux acteurs remarquablement, et ils nous le font ressentir. Le film vit grâce à leur prestation. Si Mendes avait fait une mise en scène plus personnelle, on tenait là un petit chef-d'œuvre. Ce n'est pas le cas, malheureusement. CHRIS ASHLAM

Film américano-britannique (2h). Scénario : Justin Haythe d'après l'œuvre de Richard Yates. Réalisation : Sam Mendes. Avec : Kate Winslet, Leonardo DiCaprio, Kathy Bates, Michael Shannon & David Harbour. Date de sortie : 21 Janvier 2009


Critique : "Espion(s)" de Nicolas Saada

Premier film de Nicolas Saada, ancien critique des Cahiers, et véritable coup de maître. Un film brillant, subtil, porté par deux acteurs au sommet de leur art.

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ESPION(S) de Nicolas Saada

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n premier film est une œuvre toujours passionnante, comprenant souvent des maladresses de première fois, mais permettant de se rendre compte de la sensibilité d’un cinéaste. Par contre, rare sont les premiers films maîtrisés d’un bout à l’autre, faisant preuve de la maturité du réalisateur. Ces premières œuvres qui nous claque à la gueule et que l’on n’attendait pas, nous faisant découvrir un grand artiste. Espion(s) est de ceux-là. Mais, si ce premier film de Nicolas Saada fait preuve d’une grande maturité et d’une grande maîtrise, c’est peut-être parce qu’il a attendu de nombreuses années avant de réaliser ce premier long. La quinzaine d’années qu’il a passé à la rédaction des Cahiers du cinéma lui on permis de se forger un regard de cinéaste et d’étoffer le cinéphile qu’il est. En s’attaquant au film de genre, le film d’espionnage, il fait une véritable œuvre de cinéphile, où les références pointent (Hitchcock en tête). Cependant, Saada ne cherche pas à copier ceux qu’ils considèrent comme ses maîtres. Il s’en inspire pour pouvoir s’en détacher, et fait un film incroyablement personnel, où sa sensibilité se fait ressentir tout au long de la projection.

Vincent (Guillaume Canet), bagagiste à Roissy, s’emmerde royalement dans son travail. Pour passer le temps il s’amuse avec son collègue, Gérard, à voler dans les valises des voyageurs. Un beau jour, une valise diplomatique arrive sur le tapis. Son collègue y fouille et elle lui pète à la gueule. Il meurt. Vincent se retrouve interrogé par la DST, et mêlé contre son gré à une affaire qui le dépasse. On lui propose de passer l’éponge sur ses larcins s’il part à Londres pour se rapprocher des personnes mêlées à cette valise. Il doit notamment se rapprocher d’un homme d’affaires Anglais, en tentant de séduire son épouse française, Claire (Géraldine Pailhas). Les faux sentiments vont évidemment se transfomer...

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"Peu de dialogues, des gestes, des regards, et le film devient magistral"

 

Espion(s) passe alors d’un plan géopolitique à un plan intime, et le film prend toute son ampleur. Car les grandes scènes du film viennent de ces moments intimes entre Vincent et Claire, l’intrigue géo politico-terroriste ne servant qu’à grossir le jeu de faux sentiments auxquels ils se donnent. Faux sentiments qui deviennent vrais, et vrais sentiments qui deviennent confus. La première grande scène entre Vincent et Claire arrive autour d’un verre, après que celui-ci lui est offert une peinture. La conversation ne comprend rien d’extraordinaire, mais ils se mettent à parler de leur passé, et là… Le lien se fait, entre eux se passe quelque chose. Ils sont tous les deux aussi perdus, aussi triste l’un que l’autre. La scène parvient à créer une véritable sensualité, un romantisme subtil et magnifique, sans cliché ni mièvrerie. Pour parvenir à cette subtilité il faut un grand talent de metteur en scène. Saada sait diriger ses acteurs, les filmer, en les éclairant et les cadrant magnifiquement, sans esbroufe et avec délicatesse. Ces scènes deviennent alors bouleversantes. Peu de dialogues, des regards, des gestes, et le film devient magistral.

Le film doit énormément à ses deux acteurs principaux - le reste du casting étant tout aussi remarquable. Guillaume Canet n’a jamais été meilleur. Une ambiguïté se dégage de lui, on ne sait trop s’il agit en fonction de ses propres sentiments, ou par rapport à ce que lui demande la DST et le Mi5. Il parvient à nous montrer en un regard, un geste, toute la tristesse de ce personnage, de cet homme abîmé et à la tendance autodestructrice. Face à Claire il nous montre toute la confusion du personnage, pris par un complot qui le dépasse et par des sentiments qui le dépasse également. Géraldine Pailhas joue avec grâce et à la fois fragilité et dureté ce personnage. Cette femme marquée par la mort de son ex-mari et la perte de la garde de ses deux enfants, et qui trouve du réconfort, une protection dans les bras de cet homme d’affaires Anglais, qu’elle respecte plus qu’elle ne l’aime. C’est en Vincent qu’elle trouve un être qui lui ressemble, lui est proche, et à la fois qui lui est lointain. Face à lui elle peut se mettre à nue. Elle le fait, intimement, physiquement, moralement. Le choc quand celui-ci lui annoncera qui il est véritablement et pourquoi il s’est approché d’elle la bouleverse, lui inflige une autre claque dans sa vie. Une scène bouleversante. Elle, encore nue dans les draps blancs, est là face à lui, fragile, sans armures. Lui, est déjà rhabillé, en noir, comme protégé, et marche dans la pièce, déjà culpabilisant. Il s’approche d’elle, s’assoit sur le lit, et elle comprend… « Ménage-moi, s’il te plaît. » lui dit-elle, avant qu’il n’ait commencé à parler. Mais le choc n’est pas celui qu’elle attendait. Celui-là est dévastateur. Elle se sent trahie, humiliée…Vincent ne sait plus où il est, qui il est. Il est perdu, et perdant.

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Nicolas Saada arrive, en n’explicitant jamais trop ses personnages et leurs sentiments, à nous faire ressentir toute la complexité de ces personnes, de ces deux êtres perdus, qui se consument lentement dans un complot qui les dépasse, amoureux et politique. Le film commençant et finissant sur deux hommes en feux, impuissant face à des évènements qui les dépasse. Bouleversant et magnifique, le premier film de Nicolas Saada frappe fort. Un chef-d’œuvre, tout simplement. CHRIS ASHLAM

Film français (1h39). Scénario et réalisation : Nicolas Saada. Avec : Guillaume Canet, Géraldine Pailhas, Stephen Rea, Archie Panjabi, Hippolyte Girardot & Alexander Siddig. Date de sortie : 28 Janvier 2009


30 janvier 2009

Top ten des films de 2008!

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L'année 2008 nous a quand-même permis de voir des petits chefs-d'œuvre. Des films américains (No Country for Old Men ou There Will be Blood), français (Un Conte de Noël ou La Vie Moderne) ou israéliens (Valse avec Bachir). Mon top, tout comme mes goûts, est éclectique. Je peux adorer un film d'auteur comme un gros blockbuster américain. Je considère qu'on ne peut pas dire qu'il y a de genres ou de styles majeures et d'autres mineures, chacun ayant droit à ses œuvres mineures et majeures! Voilà ce en quoi je crois. Sur ce, mon top 2008 :

  • 1/ "No Country for Old Men" des frères Coen
  • "There Will be Blood" de Paul Thomas Anderson
  • "Un Conte de Noël" d'Arnaud Desplechin
  • 2/ "Valse avec Bachir" D'Ari Folman
  • "La Vie Moderne" de Raymond Depardon
  • 3/ "Two Lovers" de James Gray
  • 4/ "The Dark Knight" de Christopher Nolan
  • 5/ "Home" d'Ursula Meier
  • 6/ "Séraphine" de Martin Provost
  • 7/ "Le Silence de Lorna" des frères Dardenne
  • 8/ "Bons Baisers de Bruges" de Martin McDonagh
  • 9/ "Khamsa" de Karim Dridi
  • 10/ "Je veux Voir" de Joana Hadjithomas & Khalil Joreige

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Posté par chris ashlam à 19:47 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Welcome!

Bienvenu à tous sur ce nouveau blog sur le cinéma et les série-télés! Je vais juste vous faire partager mes opinions sur cet art qui me passionne, que j'adore, aime, admire! Bref, je le kiffe méchamment sa race et je veux le faire partager. Je vous posterais des critiques, des dossiers aussi, sur des films et séries que j'ai aimé ou non. Je suivrais l'actualité et reviendrai sur des œuvres plus anciennes (notamment sur les séries, la grande ère HBO étant terminé). Voilà, voilà...Je vais commencer par vous poster mon top des films de 2008, et ma première critique ciné de ce début 2009, sur le gros coup de cœur "Espion(s)", qui est un petit bijou. CHRIS ASHLAM


Posté par chris ashlam à 18:26 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]